
Sous la dynastie Tang, 618 à 907, durant laquelle ce manuscrit a vu le jour, du fait d’une croissance exponentielle des échanges entre la Chine du Sud et celle du Nord, le thé avait pris un essor considérable sur tout le territoire et était en passe de concurrencer le vin – entendons par là les alcools fermentés considérés comme des produits nobles. Les lettrés chinois, érudits, essayistes, poètes, n’ont cessé de comparer les mérites du thé et du vin. L’originalité du « Dialogue du thé et du vin » réside tout autant dans son sujet que dans sa manière de l’aborder. Car reconnaissons-le, les ouvrages traitant du thé brillent généralement plus par leur sérieux, voire par leur gravité, que par leur humour. La verve satirique de Wang Fu décrivant les deux breuvages gonflés d’orgueil qui s’ingénient à clamer leurs avantages respectifs et leurs lettres de noblesse est très divertissante. Et comme toute fable a sa morale, l’eau, dans son humilité élémentaire, met un point final à une dispute qui n’avait, sur le fond, rien d’imaginaire. Traduction du chinois en français: Gil Delannoi, directeur de recherche à Sciences-Po; présentation: Tseng Yu Hui, maître de thé; Yu Shuo, professeur à Polytechnic University, Hong Kong (department of bilingual studies).
Page Count:
35
Publication Date:
2013-01-01
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